Une journée inoubliable à bord d’OCEANS, l’ORMA 60 de Francis Joyon

Je m’appelle Tanguy Monnanteuil et j’ai eu la chance de participer au Tour de Belle-Île-en-Mer aux côtés du navigateur Francis Joyon sur son trimaran ORMA 60.

Tout a commencé par un concours de circonstances, l’équipage avec qui je devais courir ne pouvait plus régater et une information selon laquelle Francis Joyon accueillerait bien volontiers des équipiers insulaires, m’a permis de monter à bord de l’un des bateaux de course au large les plus emblématiques de France.

Chaque année, je participe au Tour de Belle-Île-en-Mer, mais cette fois, c’était différent. Après le briefing et la récupération des instructions de course pour mon équipage venu de Lorient, j’ai rencontré Théa, une Belliloise championne du monde de planche à voile à foil.

À 9h20, un Zodiac nous a déposés sur la coque de cet immense bateau. Le trimaran, positionné vent arrière, filait déjà malgré le peu de vent. Il a fallu le suivre en Zodiac pour réussir à grimper à bord. Là, j’ai rencontré la fille de Francis Joyon, son ami Christophe, ainsi que sa fille. Francis nous a accueillis avec enthousiasme. Après quelques mots échangés, nous nous sommes équipés et avons parlé de l’organisation à bord, des rôles de chacun et des spécificités de ce type de bateau.

J’ai très vite réalisé la puissance de cette machine, 420 m² de voile au-dessus de nos têtes et une coque de 60 pieds. Même avec un vent léger de 10 à 15 nœuds, nous filions au portant à 20 nœuds. Le vent était malheureusement trop faible pour tenter le record du Tour de Belle-Île SNBI Le Palais, qui est de 2h 29’ 37’’. Le départ a été lancé à 10h30, une heure après les monocoques. Nous avons rapidement pris nos distances avec les autres multicoques, moins gros et moins typés course. Nous avons passé les Poulains en tête avec une bonne avance sur les autres trimarans. Entre la pointe des Poulains et le Skeul, nous avons rattrapé tous les monocoques, dont deux Class40 que nous avons dépassés vers la pointe de Pouldon.

Sans spi, notre ORMA 60 n’était pas optimal au vent arrière. Sur ce type de multicoque, la technique est particulière : il faut lofer pour prendre de la vitesse, puis abattre tout en la conservant. Résultat, on navigue presque comme au travers, voiles bien bordées, en jouant avec le vent apparent. L’ambiance à bord était détendue. Francis déventait tous les bateaux au spi sur la descente des Poulains à Locmaria, moins marrant pour ceux qui se trouvaient en dessous, mais heureusement nous allions deux fois plus vite et ne les embêtions pas longtemps.

J’ai pu discuter avec les autres membres de l’équipage, tandis que Francis restait concentré sur son cap, effectuant de petits réglages en préparation de son prochain départ sur la Route du Rhum avec les Vintage multi en novembre prochain. Nous sommes arrivés en tête de la course après 3h50’ de navigation. Une victoire sans surprise pour un tel bateau, mais insuffisante pour un record. Avec le jeu des ratings, nous ne finissons même pas sur le podium. Francis reviendra tenter le record dans des conditions plus musclées.

Ce fut une très belle expérience, tant sur le plan humain que voile. Quelle chance d’avoir pu mettre un pied dans le monde si passionnant de la course au large.

Un grand merci à Francis Joyon, que je continuerai à suivre lors de ses prochaines régates et notamment le départ de la Route du Rhum en novembre, aux amis et à la famille de Francis et à Théa avec qui j’ai pu échanger et à qui je souhaite bonne chance pour son futur de compétitrice en planche à voile.